lundi 29 mars 2010

Samuel Larouche Cauchon

Vernissage mercredi 31 mars à 17h
L'exposition se poursuit jusqu'au 16 avril.


«Ma démarche artistique propose, par le biais de la photographie et de la vidéo, une similitude entre l’image numérique et l’image du réel. L’image du réel fait agir ma perception, mes intuitions et le hasard dans les situations de mon quotidien et de celui des individus que j’observe. Les personnes que je décide volontairement de m’arrêter pour les regarder tout en me questionnant sur le geste que je suis en train de commettre, voler l’image, et ce, à mes propres fins; capturer un fragment du moment présent. On me qualifie d’artiste-observateur proche des documentaristes et des photographes de rue, car je tente de documenter mon époque, ma situation et mon environnement visuel. Je fais un constat de ma relation avec mon entourage. J’entretiens un rapport singulier avec les choses qui croisent mon regard. Je traque les images de manière à être le plus anonyme et discret que possible afin que les personnes qui sont observées ne se sentent pas épiés par l’appareil et surtout par mon geste artistique.

Aux aguets, je tente de rassembler le plus d’images possible. Ma méthode entretient un lien avec la temporalité et l’accumulation de traces photographiques. Je suis à la recherche d’un contact visuel avec l’être humain, son environnement et une appartenance avec ce qui se trouve dans mon entourage. Mon esthétique reflète ce qui se passait au moment où j’ai décidé d’en saisir l’action. Je me laisse porter par les aléas de ma vie. Je m’intéresse aux images qui portent les caractéristiques de la prise sur le vif, c’est-à-dire une image qui est guidée par l’impulsion de la vie, qui est caractérisée par l’émergence de la situation. Je saisis une image sans en aviser le sujet, car je ne veux pas que mon acte modifie les habitudes, les gestes et les expressions des personnes que je décide de capturer. Je désire qu’ils restent dans l’ignorance de mon geste artistique, puisque je privilégie des images qui représentent des personnes dans leur milieu de vie, des personnes dans leur quotidien. Je m’oppose à l’idée de la mise en scène qui est à mon avis souvent trop préfabriquée, car elle contient des individus dont le regard est conscient de l’acte du photographe et de ce fait même, modifie la relation avec ce qui est observé.

Les sujets que je choisis d’observer sont également en relation avec le lien que j’entretiens avec mon entourage, mes proches, mon lieu de travail, des endroits privilégiés, mes déplacements, etc. Je cadre de façon intuitive tout ce qui est sujet à être saisi. J’utilise ce qui se trouve autour de moi afin d’en produire mon propre sens tout en me questionnant sur les différences entre l’image fixe et l’image en mouvement. Est-ce que le mouvement ajoute du sens à l’image? Diminue-t-il la signification de l’interprétation? Une image à elle seule peut-elle en dire davantage sur son contenu? Est-ce que plusieurs images peuvent rendre une situation plus explicite?»

-Samuel Larouche Cauchon est détenteur d’un baccalauréat interdisciplinaire en art de l’UQAC et poursuit une maîtrise depuis 2007 qui se termine avec la présentation de cette exposition.

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